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Beißen

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Wütend bellt der Hund und zerrt an der Kette. Der Speichel tropft schaumig aus seinem großen Maul, er bleckt die Zähne, beißen will er. „Bellende Hunde beissen nicht,“ sagt Michael. Er sagt „beissen“ und nicht „beißen“, weil er aus der Schweiz kommt und man dort das ß nicht schreibt. Eigentlich hört man den Unterschied gar nicht, man liest ihn nur.

Michael nähert sich ganz ruhig dem Hundezwinger und hält dem Hund einen alten Knochen hin. Der Hund hört mit dem Gebell auf und schnüffelt an dem Knochen. Dann beisst er zu.

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Darkroom

Hasard100_Darkroom

Je regarde les tirages pendre en rangs serrés et mon laboratoire se transforme en ruelle italienne un début d’après-midi de printemps, quand le linge qui sèche d’un mur à l’autre forme des ponts imaginaires entre les bâtisses penchées.

Dans le calme et la moiteur, je les regarde sécher pendant des heures. Je suis un amoureux du tirage argentique, un reliquat du passé. Mes photos sont le prolongement de ma pensée. Chaque minute que je passe à les développer me fait vieillir un peu plus.

Ma darkroom, c’est l’Italie sans le soleil.

 

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Krämerseele

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Einst kam ein Bauer zum Krämer und bat diesen um einen Nachlass auf das Brot, denn der Preis hatte sich um einen halben Gulden erhöht. Der Bauer aber musste den Hunger seiner drei kleinen Kinder stillen und trug so seine Bitte beim Krämer vor.

Der Krämer aber antwortete diesem: „Eher gebe ich meine Seele dem Teufel, als dass ich das Brot für die Hälfte verkaufe.“ Kaum hatte der Krämer ausgesprochen, so fuhr der Leibhaftige auf, um die Krämerseele zu holen.

Seitdem wandert die von Geiz und Habgier getriebene Krämerseele unruhig durch die Welt.

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Wendat

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– „Accroche-toi à ma selle !“ cria Pelipa alors que son mustang galopait vers moi.

Quelle fureur. Pourquoi le village était en flammes ? Les Hurons ne partageaient avec les Iroquois que leur langue. Ces pionniers ne respectaient rien. En deux ans, j’avais appris le Wendat – leur langue. Les Attignawantan appréciaient le tailleur de pierre blanc, et Pelipa m’aimait.

J’attrapai la sangle, elle glissa entre mes doigts. „Sale traître blanc !“ claqua dans l’air, puis une détonation, une brûlure à la poitrine.

– „Eskonyen’…“, lâchai-je alors que mon souffle manquait.

En Wendat, ça voulait dire „À bientôt“.

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Abkürzung

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„Ich gehe Zuhaus“, sagt sie. Das ist grammatikalisch nicht ganz korrekt, aber sie hat das schon immer so gesagt – auch jetzt noch, wo sie Lehrerin an der kleinen Schule südlich von ihrem „Zuhaus“ ist.

Der schnellste Weg zur Schule führt durch den dunklen Wald. Das ist eine Abkürzung. Sie fürchtet sich nicht, denn im Wald ist es im Sommer kühl und im Winter still. Sie mag es mit dem Wald allein zu sein und nur das Knirschen ihrer Schritte zu hören.

Sie geht nicht über Los, aber die Abkürzung durch den Wald ist ihr Schicksal.

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Aphoristique

Hasard 100 aphoristique

– Belle journée, tentai-je.
– Les jours se suivent et se ressemblent, dit-elle, indifférente.
– Tu fais quoi dans la vie ?
– Secrétaire. Il n’y a pas de sot métier.
– Un chandail comme le tien, ça n’irait pas à n’importe qui !
– Ce qui est à la mode ne l’est déjà plus.
– Ouais… on dirait quand même que tu t’emmerdes sec. Qu’est-ce que tu fous ici ?
Parce qu’on ne va jamais si loin que lorsqu’on ne sait pas où l’on va ! hurla-t-elle.

Devant le silence de mort qui suivit, l’organisateur sonna la fin du speed-dating.

 

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Bundesland

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Bundesland, du buntes Land. Bist ein Puzzle aus Kommunen, Landkreisen, Regionen. Deine Flächen sind besetzt mit Groß- und Kleinstädten, mit Dörfern und Gehöften; Flüsse strömen durch die Adern deines Bundeslandseins. Autobahnen, Landstraßen, Alleen, Feld- und Waldwege durchkreuzen deine Ebenen.

Buntes Land, du Bundesland. Du magst winzig oder riesig sein, doch bist du immer ganz Verwaltung und auch immer ganz Heimat. Mal sind die Menschen in dir pro Quadratmeter dicht gedrängt, mal weit verstreut. Einsam sind deine Berge, still deine Seen, hektisch deine Metropolen und industriell deine Landschaften.

Bundesland, du buntes Land. Bist nur Teil des großen Ganzen.

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Beurre

Beurre

– Excusez-moi, vous auriez du beurre ?

Pas facile de se faire entendre dans le brouhaha de cette turne qui jamais ne décrochera une étoile. Le loufiat vole d’une table à l’autre, entre les routiers et les commerciaux. Tellement qu’il semble m’ignorer royalement. Une minute passe.

– Garçon, s’il vous plaît, du beurre ?

Avec un foie de veau aux morilles, il doit se dire que c’est trop pour mon cholestérol. Mais bon, c’est pas mon diététicien ! Je m’égosille, la main blanchie à rester levée.

– Garçon, DU BEURRE !

L’ombre surgit derrière moi avec un sourire affecté.

– Doux ou demi-sel, monsieur ?

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Zögern

Hasard100 Zögern

Ich stehe an der Kreuzung und lese die Straßennamen. Ich zögere. Die Straße links trägt einen richtungsweisenden Namen. Aber Varian Fry. Ich zögere. Wer ist er? Ich zögere. Spontan fällt mir Matt Gronings Futurama ein. Fry.

Ich zögere. Ich friere. Vielleicht weil das englische fry wie frieren klingt. Oder wie frei. Ich zögere. Meine Gedanken fliehen dahin. Rechts, links und ich weiß nicht wohin damit.

Ich zögere. Tippe Varian ein. Die Suche läuft. Varian Fry, amerikanischer Journalist und Freiheitskämpfer im Zweiten Weltkrieg in Frankreich. Warum ist er hier verewigt? Ich zögere. Der Wind bläst zu kalt um diese Sommerzeit.

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Fiancée

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Pourquoi attendait-elle toujours le chant des mésanges pour partir ? Cette alternance discrète de deux notes distinctes sonnait pour elle comme un réveil, un signal de départ. Personne ne pouvait dire combien de temps le chant durerait, ni combien de cycles l’oiseau chanterait, et ça la fascinait depuis son enfance.

Elle quittait alors sans bruit le lit, le sofa ou le tapis. La porte de sortie pouvait claquer, ça lui était égal. Dans un dernier regard vers son amant d’une ou de quelques nuits passaient des photos racornies de liaisons qui n’en seraient jamais.

Pas facile d’être une éternelle fiancée.

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